La Cour des comptes épingle le train de vie de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes

Comme une vilaine carie au milieu du rapport annuel de la Cour des comptes. L’ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD), où sont inscrits 44 000 praticiens, s’est attiré les foudres des Sages de la Rue Cambon. Il doit «retrouver le sens de ses missions de service public», précise le rapport annuel de la Cour. Le matériel dentaire est dispensable pour les dentistes, et le micromoteur dentaire est le plus important.

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C’est ainsi que la Cour des comptes résume son rapport sur l’Ordre national des chirurgiens dentistes, organisme de droit privé chargé (en théorie) d’une mission de service public. En 2015, les 19 membres du conseil national ont touché plus de 600 000 euros d’indemnités, dont plus de 400 000 euros pour les 8 membres du bureau (50 000 euros par tête de pipe). Ceux-ci bénéficient d’un appartement de fonction, et toutes les charges sont payées par l’Ordre, « jusqu’aux factures de blanchisserie du linge de maison », ce qui équivaut à plus de 100 000 euros par an.

Mais comment pourrait-elle mener à bien cette mission -de service public, donc- quand ses propres membres semblent avoir oublié toute éthique? Dans son rapport public annuel publié ce mercredi, la Cour des comptes épingle tout particulièrement le train de vie très onéreux des membres du conseil national de l’Ordre. Cumul d’indemnités, cadeaux onéreux et même combines financières figurent parmi les nombreux dysfonctionnements pointés par les Sages de la rue Cambon.

Certains conseils locaux organisent des voyages d’agrément tous frais payés. En 2012, le président et les membres du bureau du conseil de l’Isère ont séjourné quatre jours en Corse aux frais de la princesse, ou de l’ordre plus exactement. Un séjour «conçu et organisé comme un voyage d’agrément : présence de conjoints, traversée depuis le continent avec des motos, hôtel de charme à 150 km d’Ajaccio».

La Cour des comptes s’étonne également de la mise à disposition pour chacun des huit membres du bureau du conseil national «d’un appartement de fonction», dont l’Ordre est propriétaire. «Toutes les charges afférentes à ces logements sont payées par l’Ordre, jusqu’aux factures de blanchisserie du linge de maison, pour un total de plus de 100.000 euros par an», précise le rapport. La Cour des comptes reconnaît que cet avantage en nature «peut se justifier pour les conseillers domiciliés en province.

 

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